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«Je ne
savais pas ce que je voulais devenir plus tard, je
savais juste aimer», confie le narrateur de Chocolat
chaud. Dans ce roman, le troisième livre de Rachid
O, le verbe «aimer» est écrit partout.
Le Marocain, qui parle à la première personne, évoque
son enfance et son adolescence et dit l'amour qu'il
voue à son père et à la seconde femme de son père,
qui l'aiment tellement. Sa mère est morte quand il
avait deux ans, des suites d'un accouchement. «Pour
se rapprocher d'elle», secrètement, dans la chambre
de la tragédie, il se déguise comme s'il était «enceint»
et il mime devant un miroir cette scène fatale, en
faisant dégouliner sur ses cuisses du
mercurochrome... Ce simulacre le met dans tous ses états.
Le narrateur, qui ressemble fort à l'auteur, rêve
d'un amour éternel avec un garçon blond de son âge,
Noé, le fils des Français chez qui Lalla
travaillait autrefois. La suprême félicité serait
de boire avec lui un chocolat chaud, boisson qui
symbolise à ses yeux la douceur de vivre en France.
Il ne connaît Noé qu'en photo mais il va se débrouiller
pour le faire venir. Il prendra conscience à cette
occasion d'un autre amour, tout proche.
La confiance de Rachid O en sa destinée, la
simplicité de ses effusions, loin d'être mièvres,
revêtent une émouvante gravité. Singulière
situation que celle d'un jeune Arabe homosexuel dans
son pays natal, pays que des générations d'étrangers
amateurs de garçons ont élu comme terrain de chasse
ou salon de dégustation. Il s'évade par le rêve
chez ces Français qui lui ont tant apporté. Rachid
O vit en France désormais et l'on admire qu'il
ressuscite avec tant de probité le garçon qu'il était,
là-bas.
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